Qui a des vêtements québécois

Les héros du vêtements

Pourquoi faut-il acheter ses vêtements « Made in Québec »? La réponse semble évidente : non seulement, nous encourageons ainsi l’économie locale, mais nous limitons les coûts environnementaux liés au transport de la marchandise. Bref, pour l’humain et la nature, c’est un choix qui va de soi. Mais au Québec, les entreprises de vêtements se battent pour attirer votre attention. Présentations des petits héros du vêtement québécois.

La loi du profit sans limite

Les entreprises qui tiennent, contre vents et marées, à ne pas envoyer leur production en Chine comme le font bien d’autres compagnies, ont de quoi attirer notre admiration. Il ne faut pas se le cacher, les coûts de production dans le domaine textile sont nécessairement plus importants ici qu’en Asie. Comme nous l’explique Serge Carrier, professeur à l’École supérieur de mode de Montréal, « la confection de vêtements se robotise beaucoup moins facilement que d’autres secteurs d’activité manufacturière, les coûts de la main-d’oeuvre maintiennent toute leur importance. C’est la différence entre payer des gens 12$ de l’heure ici ou 25 sous l’heure en Asie. Une différence qui se répercute, au final, dans les prix de détail ».

Il n’en faut pas moins pour qu’une compagnie comme Moores qui, malgré ses profits en hausse, décide de fermer son usine montréalaise, mettant au chômage 540 travailleurs et ainsi ramasser un pactole encore plus important.

L’impact au Sud

L’impact de cette pratique est aussi négatif dans les pays du Sud. Pour se démarquer des autres pays et attirer les entreprises étrangères, ces derniers développent des zones franches (zone déréglementée où les entreprises ont droit à des infrastructures gratuites, à des exemptions de taxes, à la quasi-absence d’exigences environnementales, etc.) et intensifient la pression à la baisse sur les conditions de travail. De nos jours, plus de 43 millions de travailleurs et travailleuses oeuvrent dans ces zones franches d’exportation. Conséquemment, les travailleuses et travailleurs du vêtement de partout dans le monde se font désormais concurrence pour obtenir des emplois qui n’offrent que des conditions de misère: salaires minables, heures supplémentaires obligatoires et non payées, absence de mesures pour la santé et la sécurité au travail, représailles antisyndicales, travail des enfants, licenciement en cas de grossesse, etc.

Diminuer sa marge de profit, es-tu sérieux?

Les entreprises de vêtements québécoises ont choisi une autre voix, qui fait certainement frémir les capitalistes dans leurs souliers de cuir : diminuer leur marge de profit. « Les commerçants et les fabricants n’ont qu’à prendre un peu moins de profits. Ils sont habitués à des profits faramineux à cause de l’importation. Je crois que maintenant, il faut remettre les pendules à l’heure et dire que c’est normal du 300-400% de profits. Pas du 800-900%… », lance Martin Delisle, cofondateur de Blank, « vêtements fièrement fabriqués au Québec ». Bref, les chef d’entreprise d’ici sabre dans leur profits pour offrir travail et un salaire décent à leurs employés. Demandez donc au CEO de Wal-mart d’en faire autant…

Valeur ajoutée et qualité

Parallèlement, nos chefs d’entreprise de vêtements doivent concocter une campagne marketing à toute épreuve pour que les consommateurs, toujours avides de rabais, choisissent leurs produits un peu plus chers au lieu de ceux des compétiteurs faits en Chine. Parce que le consommateur est exigent, les entreprises québécoises ont dû développer une valeur ajoutée. Un bel exemple est certainement Kanuk qui, avec son logo et ses vêtements spécialement conçus pour nos hivers démentiels, s’est fait une réputation plus que respectable auprès des Québécois. Un peu plus cher, mais fait par nous, pour nous.

Bien sûr, le contrôle de la qualité est beaucoup plus facile à faire lorsque les vêtements sont produits localement. Il en sort donc des vêtements plus résistants, plus durable et juste meilleur, si j’ose dire, que ce qui sort des usines chinoises. Cette qualité est essentielle au marketing des vêtements locaux.

Selon une étude de Mrugank V. Thakor de l’Université de Concordia, les consommateurs seraient prêts à débourser davantage de leur poches pour un produits fait localement à condition qu’il soit convaincu de sa qualité supérieure. Encore plusieurs consommateurs pensent que les petits fabricants ne disposent pas de ressources nécessaires pour garantir une qualité constante. Au Québec, les entreprises de vêtements se sont fait un devoir d’offrir à leurs consommateurs des produits d’une très haute qualité.

Genfoot, une entreprise de bottes québécoise, a par exemple misé sur une main-d’oeuvre qualifiée et sur des technologies de pointe pour assurer le meilleur rapport qualité-prix. On retrouve cet engagement chez tous les producteurs de vêtements québécois.

Alors maintenant, qu’attendez-vous pour vous rendre chez ces héros qui non seulement alimentent notre économie, mais protègent notre planète et se fendent en quatre pour vous fournir la plus haute qualité? Achetez ses vêtements faits au Québec, c’est être un héro soi-même. Pensez-y.